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FONCTIONNEMENT du bassin de chasse du Crotoy

historique et avenir

 Résumé : l’histoire et l’avenir des écluses et du bassin de chasse du Crotoy 

Cette conférence retrace l’histoire des écluses et du bassin de chasse du Crotoy, leur rôle dans la lutte contre l’ensablement de la baie de Somme, ainsi que les enjeux environnementaux, économiques et patrimoniaux liés à leur avenir.

1. L’origine et la construction du bassin de chasse

La baie de Somme est naturellement soumise à un phénomène d’ensablement : la mer apporte davantage de sédiments qu’elle n’en emporte. La construction de canaux a accentué les difficultés d’ensablement des ports du Crotoy et de Saint-Valéry-sur-Somme.

Au XIXe siècle, plusieurs projets sont envisagés pour améliorer la circulation de l’eau et désensabler le port du Crotoy. Parmi eux, Florentin Le Fils défend un projet ambitieux de bassin reliant plusieurs cours d’eau de la région. Ce projet ne voit pas le jour, mais il joue un rôle important dans la réalisation du bassin de chasse, finalement inauguré en 1865.

2. Le fonctionnement et l’évolution des écluses

Le bassin de chasse a été conçu pour retenir l’eau de la marée montante, puis la relâcher à marée descendante afin de nettoyer le chenal et de repousser les sédiments.

Les écluses ont connu plusieurs améliorations techniques :

  • En 1902, les portes sont modernisées avec un système en acier, des poulies et des contrepoids. 
  • Leur fonctionnement, initialement manuel, aurait ensuite été électrifié avant la Seconde Guerre mondiale. 
  • Une automatisation est mise en place en 2010. 

Malgré ces évolutions, le bassin s'est progressivement ensablé. Des opérations de curage ont été régulièrement réclamées par la municipalité, car l'accumulation des sédiments réduit sa capacité et son efficacité.

3. Les usages historiques du bassin

Au-delà de sa fonction hydraulique, le bassin a joué un rôle important dans la vie locale. À partir de la fin du XIXe siècle, il accueille notamment :

  • Des huttes de chasse et des activités de pêche. 
  • La pêche aux anguilles, aux moules et aux poissons. 
  • Des fêtes nautiques et des régates à l’aviron. 

Le bassin constitue ainsi un espace économique, social et culturel important pour les habitants du Crotoy.

4. Les enjeux actuels et les scénarios pour l’avenir

L’avenir des écluses est étroitement lié à celui du bassin de chasse et à l’évolution globale de la baie de Somme. Plusieurs solutions sont envisagées.

ScénarioDescriptionCurage du bassinRetirer les sédiments accumulés pour restaurer une partie de sa capacité.Valorisation des sédimentsUtiliser les sédiments, après traitement, pour remblayer des zones de carrières.Maintien de la situation actuelleLaisser le bassin évoluer progressivement vers une vasière, tout en conservant une circulation d’eau limitée.Apport d’eau supplémentaireÉtudier la possibilité d’amener davantage d’eau douce, notamment par la Maye ou les réseaux de drainage, pour améliorer le fonctionnement du bassin. 

Ces scénarios soulèvent des questions de coûts, de transport des sédiments, de salinité et d’impact environnemental. Le maintien des chenaux doit également être questionné, compte tenu de la diminution de l’activité de pêche et de l’importance actuelle de la plaisance.

Un projet de valorisation des sédiments dans les carrières

Comme les carrières l'ont érappelé, hier, à l'occasion de leur journée portes ouvertes et de la visite de leur site, qu'elles étudiaient cette possibilité et se tenaient prêtes à accueillir des sédiments pour le remblayage des extensions de carrières exploitées depuis 2018-2019.
Évidemment, un certain nombre de difficultés subsistent, notamment en ce qui concerne le mélange de matériaux salinisés avec des matériaux qui ne le sont pas.
Une autre piste consisterait à utiliser les sédiments présents depuis une trentaine d'années dans les bassins de décantation. Ceux-ci seraient, pour une grande partie, déjà dessalinisés et pourraient donc être acheminés vers les carrières. Toutefois, la question de leur mobilisation et de l'impact qu'elle pourrait avoir reste à examiner.
La question du transport constitue également un enjeu important. Le transport par camion engendre un coût écologique non négligeable. Il serait donc pertinent d'étudier d'autres solutions, comme la mise en place de canalisations.
La question financière reste, elle aussi, à clarifier. Si les carriers semblent, d'après leurs déclarations, prêts à examiner sérieusement cette hypothèse et les moyens techniques nécessaires à sa mise en œuvre, ils ne paraissent toutefois pas disposés à payer les matériaux qu'ils utiliseraient.
Or, certains opérateurs, notamment le Département — sans que je puisse m'exprimer en son nom — souhaiteraient, semble-t-il, facturer cette ressource pourtant précieuse, alors même que l'objectif est de trouver une solution pour s'en débarrasser.
L'ensemble de ces questions reste donc en discussion.
Comme vous le savez sans doute, de prochaines réunions doivent se tenir ici. La mairie du Crotoy exerce notamment une certaine pression sur le Département afin de faire avancer le sujet.
Il s'agit donc d'une question particulièrement actuelle, qui continue de faire l'objet d'échanges et de réflexions

La question du rétablissement du canal

Cette hypothèse pourrait également conduire à réexaminer certains aménagements hydrauliques, notamment la possibilité de rouvrir le canal afin d'augmenter les flux d'eau.

Cette question mérite d'être posée au regard de l'évolution des usages du territoire.

Au XIXᵉ siècle, l'enjeu principal était de préserver l'activité de pêche. Les aménagements visaient donc essentiellement à désensabler le port, puis le canal situé en aval.

Aujourd'hui, l'activité de pêche dans la baie a considérablement diminué et la pression liée à cet usage est donc moins importante.

Il convient dès lors de s'interroger sur la nécessité de maintenir l'ensemble de ces chenaux d'accès, notamment au regard des besoins actuels de la plaisance.

Le port de plaisance du Crotoy reste relativement modeste, tandis que celui de Saint-Valéry-sur-Somme est beaucoup plus important. Saint-Valéry aurait donc naturellement davantage d'intérêt à préserver le maintien de la canalisation.

Ces éléments doivent être intégrés à la réflexion globale sur l'avenir du bassin et de ses aménagements hydrauliques.

L'hypothèse d'un apport d'eau extérieur au bassin

Une troisième possibilité, dont la faisabilité reste à confirmer, serait de s'inspirer de ce qui a fonctionné à Saint-Valéry-sur-Somme : mettre en place un apport d'eau extérieur pour alimenter le bassin.

Ce bassin présente en effet une particularité : il a été conçu sans apport d'eau, contrairement à la plupart des autres bassins de chasse connus, qui bénéficient généralement d'un apport d'eau douce.

Un tel dispositif pourrait permettre de remplir le bassin sans attendre qu'il se comble progressivement de sédiments, tout en favorisant l'évacuation d'une partie de l'eau. L'enjeu serait alors de trouver un équilibre entre les flux, leur puissance et le poids des matériaux transportés.

Les ressources en eau mobilisables

Plusieurs sources d'alimentation en eau pourraient être étudiées, notamment les eaux pluviales, les drains et la Maye, qui déborde régulièrement.

Les inondations survenues ces dernières années, notamment au cours des mois de novembre, rappellent l'importance de ces débordements.

L'installation de pompes pourrait être envisagée pour faciliter l'acheminement de l'eau. Par ailleurs, le réseau de drainage de Favières pourrait éventuellement être réorienté afin de contribuer à l'alimentation du bassin en eaux pluviales.

Concernant la Maye, la question d'un éventuel détournement ne semble toutefois plus d'actualité, les dossiers correspondants étant considérés comme clos.

La question du rétablissement du canal

Cette hypothèse pourrait également conduire à réexaminer certains aménagements hydrauliques, notamment la possibilité de rouvrir le canal afin d'augmenter les flux d'eau.

Cette question mérite d'être posée au regard de l'évolution des usages du territoire.

Au XIXᵉ siècle, l'enjeu principal était de préserver l'activité de pêche. Les aménagements visaient donc essentiellement à désensabler le port, puis le canal situé en aval.

Aujourd'hui, l'activité de pêche dans la baie a considérablement diminué et la pression liée à cet usage est donc moins importante.

Il convient dès lors de s'interroger sur la nécessité de maintenir l'ensemble de ces chenaux d'accès, notamment au regard des besoins actuels de la plaisance.

Le port de plaisance du Crotoy reste relativement modeste, tandis que celui de Saint-Valéry-sur-Somme est beaucoup plus important. Saint-Valéry aurait donc naturellement davantage d'intérêt à préserver le maintien de la canalisation.

Ces éléments doivent être intégrés à la réflexion globale sur l'avenir du bassin et de ses aménagements hydrauliques.

Un enjeu majeur pour l'avenir du bassin

En définitive, le paradoxe est que, si aucune intervention n'est réalisée, ce bassin de retenue et de chasse pourrait progressivement se transformer en une nouvelle forme de renclôture de la baie.

Depuis le Moyen Âge, plusieurs renclôtures ont contribué à fermer progressivement certains espaces de la baie. Or, ce bassin avait précisément été conçu pour contribuer à la protection de la baie et à son désensablement.

Il apparaît donc essentiel de réexaminer son fonctionnement hydraulique et les solutions susceptibles de préserver sa vocation initiale.

La dimension environnementale et patrimoniale

Les écluses et le bassin de chasse représentent un patrimoine historique et technique auquel les habitants sont attachés. Leur valeur patrimoniale pourrait être davantage reconnue, notamment par une inscription à l’inventaire du patrimoine.

Toutefois, leur préservation doit être conciliée avec les évolutions naturelles de la baie, les enjeux écologiques et les besoins des activités humaines.

Conclusion

Le bassin de chasse du Crotoy, construit au XIXe siècle pour lutter contre l’ensablement, est aujourd’hui confronté à une perte progressive de fonctionnalité. Son avenir dépendra des choix faits entre curage, nouveaux aménagements hydrauliques ou évolution naturelle vers une vasière.

L’enjeu principal est donc de trouver un équilibre entre la préservation du patrimoine, la gestion des sédiments, la protection de l’environnement et les attentes des habitants


Ressources pour comprendre

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